Règles Élémentaires : la lutte contre la précarité menstruelle


Encore trop méconnu, voir ignorée de la précarité menstruelle touche aujourd’hui plus de 1,7 millions de femmes en France (étude de l’IFOP 2019).
À ce chiffre vient s’ajouter l’impact de la crise sanitaire du COVID-19, qui place les femmes précaires au premier rang des personnes affectées.

C’est dans ce contexte que DAPAT a souhaité mettre un coup de projecteur sur l’association Règles Élémentaires, qui milite pour briser le tabou des règles et lutter contre la précarité menstruelle.

Concrètement, de quoi parle-t-on ?

« La précarité menstruelle est le fait de ne pas disposer de moyen économique pour s’acheter des protections d’hygiène intime », nous explique Laura Pajot, responsable de la communication chez Règles Élémentaires.

Dans le monde, 100 millions de petites filles ratent une semaine d’école par mois à cause de leurs règles et du manque d’accès à des produits d’hygiène intime adaptés. D’après l’étude Hygiène et précarité en France menée par IFOP, 21% de femmes déclarent éviter aussi d’aller à leur établissement scolaire par manque d’accès aux tampons et serviettes. Le coût de ces produits est estimé à 26 euros par mois d’après l’article «Combien les règles coûtent-elles dans la vie d’une femme ?», publié par Les Décodeurs dans Le Monde. Celles qui n’ont pas ce budget pour se procurer le nécessaire sont obligées d’utiliser des systèmes D, fabriqués avec les moyens du bord pour ne pas se restreindre dans leur vie quotidienne. Cependant, ces méthodes précaires peuvent être dangereuses, entraînant ainsi des risques physiques tels que des infections, des démangeaisons, voir un syndrome du choc toxique pouvant aller jusqu’au décès. Sur le plan psychologique, ne pas pouvoir vivre ses règles dignement provoque également une perte de confiance en soi, un décrochage scolaire ou professionnel et plus tard des possibles difficultés d’insertion dans la société.

Comment agit Règles Élémentaires ?

«Nous avons un double objectif : collecter et redistribuer un maximum de produits d’hygiène intime à destination des plus démunies et briser le tabou des règles », précise Tara Heuzé Sarmini, fondatrice et directrice de Règles Élémentaires.

Pour cela, en plus des actions de plaidoyer mises en place pour le grand public, des collectes sont organisées par l’association, ainsi que des ateliers de sensibilisation auprès de public scolaire, de personnel médico-social et de femmes bénéficiaires des ces collectes.
A ce jour, plus de 4 millions de produits d’hyginène intime ont été redistribués par Règles Élémentaires auprès de 100 mille femmes bénéficiaires partout dans le pays. La structure a pu dupliquer son modèle en ouvrant 6 antennes dans l’Hexagone, permettant à l’équipe de s’agrandir et de créer des emplois.

Au-delà de cet impact positif, Règles Élémentaires voudrait déployer ses activités à tous les établissements scolaires (collèges, lycées, universités), aux hôpitaux, aux foyers d’hébergement ainsi qu’aux accueils de jour pour femmes précaires.

Si vous aussi vous voulez changer les règles, passez à l’action aux côtés de Règles Élémentaires ! Pour cela, vous pouvez :

1- Organiser votre propre collecte dans votre établissement scolaire ou sur votre lieu de travail. Le mode d’emploi est disponible sur le site de Règles Élémentaires.

2- Faire un don de protections d’hygiène intime à un point de collecte près de chez vous. Pour cela, rendez-vous sur la carte des points de collecte sur le site de Règles Élementaires.

3- Soutenir l’association via des dons financiers permettant le développement de la structure sur le long terme. Toutes les modalités de règlement sont disponibles sur le site de Règles Élémentaires.

4- Suivre les actualités de Règles Élémentaires sur leur site www.regleselementaires.com, et vous abonner à leur page Facebook et Instagram.