La Maison de Jeanne : un lieu d’hébergement et d’accompagnement pour les jeunes mères.


DAPAT a interviewé Céline Souakria, directrice de La Maison de Jeanne, un lieu d'hébergement et d'accompagnement de jeunes mères en situation de précarité située à Valdoie (90).

La Maison de Jeanne existe depuis quand ? Qu’est-ce qui a motivé sa création ?

J'ai créé l’association La Maison de Jeanne qui existe depuis le 25 juillet 2017. Ce qui a poussé à sa création c’est d’une part le regard que j’avais en tant que directrice d’école maternelle dans un quartier prioritaire : j’ai constaté les difficultés croissantes de la prise en charge des enfants des mamans, et la difficulté de continuer leur travail ou leurs études sans solution de garde avec horaires aménagées.

Étant en contact avec des personnes qui travaillent dans le social et dans l’associatif, nous étions plusieurs à partager des histoires de jeunes femmes qui devaient arrêter leurs formations pour s’occuper de leurs enfants. Nous nous sommes dit qu’il était temps d’agir plutôt que d’en parler. Nous sommes aujourd’hui 7 membres de l’association, dont la plupart sont bénévoles, et avons une trentaine d’adhérents, dont 10 membres assez actifs. Nous sommes basés à Valdoie, près de Belfort, mais notre action bénéficie à toutes les femmes concernées du territoire de Belfort.

Pouvez-vous nous parler des services proposés par votre association et des personnes qui peuvent en bénéficier ?

La Maison de Jeanne se fonde sur 3 piliers : un logement autonome tout équipé, un accompagnement à 360° et un mode de garde aux horaires atypiques. Nous allons ouvrir notre maison début février avec pour le moment 6 appartements de type F2, d'environ 48m2. Nous aurons à terme 8 appartements. Ces logements sont proposés aux femmes seules avec enfant  pour un loyer modique, sans autre critère de sélection. Nous demandons en revanche une certaine motivation et l’adhésion complète à notre projet qui comprend des contreparties : le fait de payer son loyer, le fait de nettoyer les communs, ainsi que le fait de nous aider à créer leur projet d’insertion professionnelle, de se rendre en formation ou en stage, de s’insérer et s’intégrer dans la vraie vie.

Pour l’accompagnement, nous envisageons deux extensions : le premier est un projet qui s’appelle Dignit’elles et qui souhaite lutter contre la précarité hygiénique en donnant à des femmes des kits d’hygiène. La deuxième est Atout Femmes, des ateliers de socio esthétique, un parcours qui permettra à des femmes de pouvoir apprendre à prendre soin d’elles, à se maquiller, à se coiffer et s’habiller. Le but est de se sentir belle d’une part mais aussi et surtout de préparer des entretiens d’embauche.

En ce qui concerne notre mode de garde, c’est un service que nous proposons aux femmes, à un prix modeste, pour leur permettre de faire garder leurs enfants selon des horaires aménagées en fonction leur travail qui commence parfois tôt ou finit parfois tard. La crèche est donc ouverte de 6h à 20h.

Qu’est-ce qui a motivé votre projet Dignit’elles ? Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Ce projet s'effectue en partenariat avec deux autres associations du territoire : Les Grands Cœurs d'Or et l’UDPS. C’est parti d’un coup de foudre associatif avec l’UDPS (autrefois UMPS), qui nous donnait des petits pots qu’elle recevaient via l’agence du don en nature. Le responsable a parlé d’un projet pour lutter contre la précarité hygiénique et de notre côté, nous avions également envie de créer un projet similaire. Nous allons bientôt être partenaires avec une 4ème association, Féminité Sans Abris.

Le but est de remettre aux femmes en situation de détresse 1 kit d’hygiène par mois, qu’elles pourront venir chercher via une application. Les produits seront disposés dans des distributeurs : 3 distributeurs sont prévus sur le territoire. Nous envisageons également de remettre ces kits lors de permanences et de temps d’écoute, pour pouvoir échanger avec ces femmes et les rediriger vers un parcours d’insertion sociale afin de leur permettre de recourir à des services existants.

Ces kits ne sont pas seulement réservés aux femmes logées par la Maison de Jeanne, mais à toutes les femmes en situation de précarité hygiénique sur le territoire.


Si vous aussi vous voulez agir, passez à l’action aux côtés de la Maison de Jeanne ! Pour cela, vous pouvez :

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