
Un visage connu, une histoire méconnue
Visage familier du grand écran, présentateur télé, journaliste, auteur… Thierry Beccaro a longtemps porté un secret derrière son sourire, celui d’une enfance marquée par les violences familiales. Il revient sur le chemin qui l’a mené à la résilience.

« Mon père était Dr Jekyll et Mr Hyde. Un jour, il était l’homme le plus tendre du monde. Le lendemain, il devenait un monstre. Et moi, je ne savais jamais lequel des deux allait se présenter. Alors j’ai appris à me taire. À me faire tout petit. À disparaître. Mais aujourd’hui, je ne veux plus me taire. Parce que si mon histoire peut aider ne serait-ce qu’un seul enfant à briser le silence, alors ça en aura valu la peine. »
Une enfance sous emprise
Thierry Beccaro grandit auprès d’un père imprévisible, tour à tour tendre et violent. « On ne savait jamais quand ça allait arriver. Un rien pouvait déclencher une crise », se souvient-il. Chaque épisode de violence était suivi de déclarations d’amour, semant en lui confusion et culpabilité. Pour survivre, Thierry développe alors un mécanisme de dissociation, dont les effets à long terme laisseront inévitablement des traces profondes.
Des séquelles invisibles
Devenu adulte, Thierry porte encore les marques de cette enfance violente : un manque de confiance en soi et en l’autre, un rapport aux relations amoureuses souvent compliqué. Vient alors la question du pardon. « Pardonner ne veut pas dire oublier, mais ça permet d’avancer », confie-t-il. Des années de thérapie lui permettront d’abord de survivre, puis d’apprendre à vivre pleinement. Aujourd’hui père et mari, il est déterminé à offrir à sa famille l’enfance heureuse qu’il n’a pas connue.
De la souffrance à l’engagement
Encouragé par ses proches, Thierry Beccaro publie en 2020 « Je suis né à 17 ans », un livre-témoignage à travers lequel il brise le silence. « J’avais besoin de mettre des mots sur ma souffrance. Et surtout, de briser l’omerta. » Depuis, il multiplie les interventions dans les écoles, les associations et les médias, pour rappeler aux victimes qu’elles ne sont pas seules.
« On ne guérit pas d’une enfance violente. On apprend à vivre avec. Et surtout, on apprend à aider les autres à s’en sortir. » Pour lui, la résilience passe aussi par l’humilité et la solidarité.
DES CHIFFRES POUR PRENDRE CONSCIENCE
Un enfant meurt tous les cinq jours en France, tué par l’un de ses parents.
- 364 200 enfants sont victimes de violences chaque année en France
- 5 millions d’enfants sont exposés aux violences conjugales
- 90 % des enfants de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) n’ont pas accès aux soins somatiques ou psychiques
Derrière chaque silence peut se cacher une souffrance. À nous de savoir la voir, l’entendre, et agir avant qu’il ne soit trop tard.
Envie de découvrir l’intégralité de son témoignage ?
Retrouvez-le dans le Magazine DAPAT N°7 « Les blessures de l’enfance ».





